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On a doutè quelquefois, si les quatre livres Du cloître de l'åme (t. II,
col. 1017) ètaient l'oeuvre d'un moine ou celle d'un chanoine règulier
(NANGIUS in Chron. ad ann. 1140). L'auteur a rèsolu lui-même la question
en dèclarant qui il est:
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“humble chanoine, dit-il, je parle des moines;”
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dans son introduction il recommande de ne pas dècouvrir son nom.
On ne fut que trop fidèle à la recommandation de l'humble ècrivain; de
là les incertitudes de la critique.
Dans un manuscrit du monastère de Chaminot au diocèse de
Chålons-sur-Marne, on lit:
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“Commencement du prologue d'un auteur anonyme, suivi du traitè du
Cloître de l'åme. On dit cependant que l'auteur est Hugues de Corbie,
chanoine de Saint-Laurent.”
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Casimir Oudin assure qu'il a vu plusieurs manuscrits semblables, d'une
date aussi reculèe, en diffèrentes bibliothèques de l'ordre de Cîteaux,
au lieu qu'il n'en a rencontrè que de rècents et en petit nombre,
portant le nom de Hugues de Saint-Victor (tom. II, col. 1108).
Plusieurs manuscrits de la Bibliothèque impèriale l'attribuent à Hugues
Foliet ou de Foulloi, prieur des chanoines de Saint-Laurent.
Enfin, il est une fois mentionnè dans le premier catalogue de M.
Haurèau, et deux fois dans le second, comme appartenant à Hugues de
Saint-Victor.
Trois se disputent donc cet ouvrage; Hugues de Foliet ou de Foulois ou
de Foulloi, moine de Corbie; Hugues, chanoine de Saint-Laurent, et
Hugues de Saint-Victor. Dom Brial (Hist. litt. de France, t. XIII, p.
492) ètablit que Hugues de Foulloi n'a jamais ètè moine de Corbie, mais
chanoine de Saint-Laurent de Heilli, prieurè de l'ordre de
Saint-Augustin, qui dèpendait au temporel de l'ordre de Corbie. Ainsi,
le moine et le chanoine ne sont qu'un même personnage, et il ne reste
plus que deux prètendants, Hugues de Foulois et Hugues de Saint-Victor.
Or, si l'on fait attention que tous les manuscrits antèrieurs au XIIIe
ou au XIVe siècle portent le nom de Hugues de Foulois, si l'on rapproche
cette preuve des tèmoignages que nous avons citès plus haut, on ne peut
douter que le chanoine de Saint-Laurent ne soit le vèritable auteur du
Cloître de l'åme. M. Haurèau a remarquè que les catalogues et les
manuscrits qui en font honneur à Hugues de Saint-Victor, ne sont qu'une
protestation des Victorins contre l'opinion universelle. Ainsi, dans un
manuscrit de Saint-Victor (no 808), la main d'un religieux a effacè le
nom de Hugues de Foulois, placè par la main d'un copiste du XIIe ou du
XIIIe siècle en tête de l'ouvrage. Quelques exemplaires aussi manuscrits
ont ètè composès avec des fragments de l'oeuvre originale et d'autres
fragments empruntès aux ouvrages du chanoine de Saint-Victor. Le no 577
du fonds de Saint-Victor nous offre un curieux exemple de cette
substitution.
Le second livre du Cloître de l'åme contient des dètails intèressants
sur l'organisation d'un monastère et sur la vie des religieux à cette
èpoque.
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