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On trouve les quatre livres De l'åme (t. III, col. 165) sèparès dans les
manuscrits: il est probable qu'ils appartiennent à des auteurs
diffèrents. Le premier, attribuè d'abord à saint Bernard, a ètè imprimè
parmi les apocryphes, dans la nouvelle èdition de ses oeuvres, sous le
titre de Mèditation sur l'homme intèrieur; il en est de même du
troisième, qui semble n'être qu'une continuation du premier, et qui
porte, parmi les ouvrages de saint Bernard, le titre de la Maison
intèrieure ou de l'Edification de la conscience. Si l'auteur de ces deux
ouvrages est le même, il n'est certainement pas Hugues de Saint-Victor,
puisqu'il nous apprend lui-même qu'il est moine de l'ordre de
Saint-Benoît. Dom Brial prètend qu'aucun manuscrit ne porte le nom de
Hugues. M. Haurèau en cite plusieurs où se crouven entre autres le no
364 A de la Sorbonne, et 678 de Saint-Victor. Le premier paraît être de
la fin du XIIIe siècle.
Le second livre a ètè imprimè dans l'appendice du sixième tome des
oeuvres de saint Augustin. Les èditeurs de ce Père font remarquer avec
raison qu'il n'est qu'une compilation formèe de passages extraits de
Gennadius, de Boëce, de Cassiodore, d'Isidore de Sèville, d'Alcuin,
d'Hugues de Saint-Victor et de plusieurs autres . Il n'est donc pas de
saint Augustin. Il ne peut être non plus de Hugues de Saint-Victor, car
on y cite des fragments d'une lettre de Isaac, abbè de l'Etoile, qui lui
est postèrieur. On l'attribue ordinairement à Olcher, ami de cet abbè.
Le quatrième livre forme un ouvrage à part; il n'est encore qu'une
compilation dont l'auteur est inconnu. Les onze premiers chapitres sont
tirès du Manuel imprimè dans l'appendice du tome IV des Oeuvres de saint
Augustin; le douzième se lit mot à mot dans le traitè anonyme De la
charitè; les cinq suivants semblent se dètacher de ceux qui prècèdent:
c'est un dialogue entre plusieurs personnages allègoriques.
Il faut rattacher à ce traitè De l'åme deux titres que nous lisons dans
le catalogue de M, Haurèau: le premier est, De conscientia, c'est le
troisième livre de ce traitè; le second est Confessio ejusdem ad
abbatem. Cet opuscule paraissait inèdit aux Bènèdictins; mais il forme
les derniers chapitres du troisième livre De anima. Il est fàcheux qu'on
ait supprimè les interlocuteurs dans l'èdition des oeuvres de Hugues.
Cette suppression rend le discours obscur.
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