CHAPITRE 12

La plupart des critiques attribuent, sur la foi des manuscrits, le traitè De medicina animae (t. II, col. 1183) à Hugues de Foulois; il porte son nom dans un manuscrit de l'abbaye d'Alne citè par dom Mabillon, et dans le manuscrit 2896 de la Bibliothèque impèriale. Dans quelques autres (1009, 2494) il est accompagnè d'autres ècrits considèrès comme appartenant à Hugues de Foulois; il y a en outre entre cet ouvrage et le Cloître de l'àme des rapports assez sensibles; c'est non-seulement le même goût pour les allègories, mais le même style, plusieurs expressions semblables, la même manière de citer l'Ecriture et les Pères. Toutefois dans plusieurs manuscrits de Saint-Victor et de la Sorbonne, il figure parmi les oeuvres de notre Victorin.

L'auteur du Cloître de l'åme avait trouvè dans les cloîtres matèriels les caractères du cloîtres spirituel. Dans la Mèdecine de l'åme, il prètend trouver dans la structure du corps humain toutes les affections de l'åme. Il essaie de montrer qu'il y a parfaite analogie entre les maladies corporelles et les maladies spirituelles, entre les remèdes des unes et les remèdes des autres. Ce dessein, comme on le voit, suppose des notions de la mèdecine. L'auteur paraît en avoir pris quelque connaissance; il cite Hippocrate et fait usage des principes de l'art qui avaient cours de son temps. Cet opuscule est composè de ving-quatre chapitres, mais les èditeurs supposent qu'il est incomplet.

Les circonstances qui donn èrent naissance à cet ouvrage nous expliquent l'originalitè de sa forme. Il avait ètè composè pour un mèdecin nommè Jean; puis il s'ètait ègarè; l'auteur l'ècrivit de nouveau, mais avec beaucoup moins de soin, pour un autre ami qui le lui demandait.