|
La plupart des critiques attribuent, sur la foi des manuscrits, le
traitè De medicina animae (t. II, col. 1183) à Hugues de Foulois; il
porte son nom dans un manuscrit de l'abbaye d'Alne citè par dom
Mabillon, et dans le manuscrit 2896 de la Bibliothèque impèriale. Dans
quelques autres (1009, 2494) il est accompagnè d'autres ècrits
considèrès comme appartenant à Hugues de Foulois; il y a en outre entre
cet ouvrage et le Cloître de l'àme des rapports assez sensibles; c'est
non-seulement le même goût pour les allègories, mais le même style,
plusieurs expressions semblables, la même manière de citer l'Ecriture et
les Pères. Toutefois dans plusieurs manuscrits de Saint-Victor et de la
Sorbonne, il figure parmi les oeuvres de notre Victorin.
L'auteur du Cloître de l'åme avait trouvè dans les cloîtres matèriels
les caractères du cloîtres spirituel. Dans la Mèdecine de l'åme, il
prètend trouver dans la structure du corps humain toutes les affections
de l'åme. Il essaie de montrer qu'il y a parfaite analogie entre les
maladies corporelles et les maladies spirituelles, entre les remèdes des
unes et les remèdes des autres. Ce dessein, comme on le voit, suppose
des notions de la mèdecine. L'auteur paraît en avoir pris quelque
connaissance; il cite Hippocrate et fait usage des principes de l'art
qui avaient cours de son temps. Cet opuscule est composè de ving-quatre
chapitres, mais les èditeurs supposent qu'il est incomplet.
Les circonstances qui donn èrent naissance à cet ouvrage nous expliquent
l'originalitè de sa forme. Il avait ètè composè pour un mèdecin nommè
Jean; puis il s'ètait ègarè; l'auteur l'ècrivit de nouveau, mais avec
beaucoup moins de soin, pour un autre ami qui le lui demandait.
|
|