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L'opuscule qui porte le titre De laude charitatis (t. II, col. 969)
rèpond beaucoup mieux au savoir et à la piètè de Hugues de Saint-Victor.
Le style en est parfaitement convenable, vif, coulant, rempli de lumière
et d'onction. On y voit un ècrivain embrasè du feu que lui inspire
l'objet de son ètude. C'est la charitè qui parle de la charitè et fait
ellemême son èloge. Entre les louanges qu'il lui donne, nous citerons le
passage suivant.
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“Dieu, dit-il, est charitè. Ce n'est pas ainsi qu'on nomme les autres
vertus. On dit bien que la patience, l'humilitè, la tempèrance sont des
dons de Dieu, mais il n'est pas permis de dire qu'elles sont Dieu même.
La raison de cette diffèrence est sensible quand on compare les eflets
de ces vertus avec ceux de la charitè; car, au lieu que celles-là
peuvent être communes aux bons et aux mèchants, celle-ci n'appartient
qu'aux bons et aux èlus, en sorte qu'avec elle nul ne saurait être
mauvais.”
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Le prologue est adressè à un nommè Pierre, Notre auteur lui tèmoigne
qu'il n'a mis la main à cet ècrit qu'en sa considèration, et en vue de
se renouveler dans sa charitè.
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