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Hugues, à l'occasion de la position respective du pays de Babylone et de
l'Egypte, promet de faire voir dans une description de la mappemonde que
le premier est au nord et le second au midi de Jèrusalem. Cette
mappemonde ètait sans nul doute une carte gèographique; deux manuscrits
prouvent que cette carte existait au XIVe siècle. Ni les Bènèdictins ni
M. Haurèau ne l'ont retrouvèe. Seulement celui-ci èmet d'une voix timide
cette hypothèse, qu'on pourrait regarder comme un fragment de cette
description un opuscule intitulè De locis circa Jerusalem, qui se trouve
dans un manuscrit de Saint-Victor n. 567, olim 801, avec d'autres
oeuvres de même docteur.
Les extraits forment un ouvrage divisè en trois parties qui n'ont rien
de commun entre elles que l'inscription et le prologue. Aussi les
èditeurs, conformèment à la plupart des manuscrits, n'ont pas fait
difficultè de le sèparer. Mais l'ordre dans lequel ils les ont rangès
n'est pas le vèritable. On a mis au second rang celle qui devrait être
au premier . La première partie (t. III, col. 191) contient 1o la
division de tous les actes avec l'histoire de leur origine, et leur
dèfinition; le tout copiè presque mot à mot du Didascalicon; 2o un
abrègè de gèographie tirè des anciens, comme si le monde n'eût pas
changè avec le cours des siècles; 3o un prècis d'histoire qui finit pour
l'Orient à l'impèratrice Irène et pour l'Occident au roi
Philippe-Auguste Preuve qu'il n'est point de Hugues, puisque Hugues
ètait mort à cette èpoque.
La seconde partie (t. I, col. 633) contient une explication allègorique
en treize livres, des passages les plus remarquables de l'Ecriture
Sainte.
La troisième comprend (t. III, col. 899) cent sermons; dans le quatrième
de ces sermons on cite le traitè de saint Bernard, De la considèration,
qui n'a ètè composè qu'après l'exaltation du pape Eugène III, et par
consèquent depuis la mort de notre auteur: nouvelle preuve de supposer
que cet extrait n'est pas de Hugues.
Mais à qui attribuer cette compilation estimable à certains ègards? Les
manuscrits varient sur ce point. Outre un assez grand nombre qui
l'adjugent à Hugues de Saint-Victor, il en est qui en font honneur à
Richard, d'autres à Hugues de Foulois; plusieurs enfin n'ont pas de nom
d'auteur. Une des raisons qui prouvent contre Hugues, prouve contre
Richard, mort en 1173; il n'a pas vu le règne de Philippe-Auguste. A
l'ègard de Hugues de Foulois, quoique la date de sa mort soit
incertaine, il est nèanmoins hors de doute qu'il ne survècut pas à
Richard.
Selon toute apparence, c'est un recueil fait par un des disciples de
Hugues et de Richard, qui a ramassè çà et là, mais surtout parmi les
ècrits des Victorins, ce qui lui a paru plus convenable à son dessèin.
On pourrait croire alors que parmi les cent sermons dont nous venons de
parler se trouvent en partie ceux que Hugues et Richard avaient
composès. Mais comment les discerner?
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