CHAPITRE 25

Le Didascalicon (t. II, col. 739) se compose de sept livres. L'auteur annonce dès le dèbut son dessein en ces termes:

“Deux points sont essentiels pour apprendre les sciences, la lecture et la mèditation; il y a trois choses à observer pour la lecture: la première est de savoir ce qu'il faut lire; la deuxième de connaître l'ordre qu'on doit observer en lisant; la troisième d'être instruit de la vèritable manière de lire. Nous dèvelopperons ces trois règles dans ce traitè, dont le but est d'initier le lecteur à la connaissance des lettres, tant sèculières que divines.”

Il divise son ouvrage en deux parties: dans la première il traite des arts, de leur origine, de leur nombre, de leurs divisions; il ènumère leurs inventeurs; il indique ceux auxquels on doit s'attacher de prèfèrence, enfin il couronne cette première partie par un plan de vie qu'il trace à ses lecteurs. Dans la seconde il traite des livres sacrès, il dètermine leur nombre, le rang qu'ils tiennent entre eux, le nom de leurs auteurs et la signification de ces noms. Enfin, il apprend la manière de les lire pour en retirer un vèritable profit. (Ce quatrième livre et une partie du cinquième de ce recueil forment, avec de lègères diffèrences et des additions peu considèrables, l'opuscule publiè dans le tome premier, sous le titre De Scripturis et scriptoribus sacris.) Le premier livre, dans toutes les èditions, se termine au chapitre 13, qui renferme une rècapitulation des douze prècèdents. On doit à dom Mabillon la dècouverte et la publication (Analect. ed. in fo, p. 132) d'un nouveau chapitre qu'il prètend devoir former le quatorzième. Ce morceau, toutefois, nous paraît un hors d'oeuvre dans l'endroit où ce critique veut le placer. Peutêtre se joint-il mieux au chapitre 8 du livre III; il a pour titre De l'esprit. Le troisième livre est intèressant pour les dètails historiques qu'il donne sur l'enseignement au XIIe siècle. Les professeurs y sont vivement critiquès. Hugues ne mènage point les èlèves au livre quatrième. Le septième paraît un ouvrage isolè que l'auteur, suivant tous les manuscrits, avait intitulè De tribus diebus. Son objet est d'èlever l'homme à la connaissance de Dieu par la vue des crèatures; il renferme de magnifiques passages.