CHAPITRE 26

Le traitè De potestate et voluntate, tom. II, col. 839, rappelle les discussions thèologiques du XIIe siècle. On y traite cette question qui agitait alors les ècoles:

“Laquelle est la plus grande de la volontè ou de la puissance de Dieu.”

Les critiques sont divisès sur l'auteur de ce livre. Oudin et dom Ceiller le retranchent du catalogue des oeuvres de Hugues de Saint-Victor. Leurs motifs sont, qu'il n'est qu'une suite de raisonnements scolastiques, qui indiquent un auteur postèrieur et qu'on y retrouve des expressions barbares, inusitèes dans les ècrits de notre Victorin. Dom Brial rèpond que cette forme scolastique n'est point ètrangère au XIIe siècle, que ces expressions barbares, telles que amplius pour insuper ou praeterea, se trouvent dans les ouvrages les plus avèrès de Hugues; que, du reste, le fond de la discussion appartient aux controverses sur lesquelles Hugues revient le plus souvent. C'est l'optimisme qu'on y rèfute comme une opinion. Or, nous savons qu'Abailard et ses disciples l'enseignaient alors. On trouve plusieurs raisonnements dèjà employès dans son explication du Magnificat et que nous lisons encore dans sa Somme. Le sentiment de dom Brial nous paraît plus probable.