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Le grand ouvrage qui porte le titre de Mèlanges (t. III, col. 469) est,
comme les extraits allègoriques, un ramas de lambeaux tirès de divers
ècrits dont on ignore le compilateur. Ces Mèlanges sont ordinairement
sèparès dans les manuscrits en deux cahiers dont le premier comprend
deux livres, savoir: un livre d'èclaircissements sur diffèrents textes
de l'Ecriture sainte et sur divers points de morale sous deux cents
titres ou chapitres; un autre qui est une espèce de commentaire abrègè
des psaumes dont nous avons rendu compte plus haut. Le second cahier est
composè de quatre livres qui renferment des sermons ou portions de
sermons, des lettres, des remarques sur l'Ecriture, des extraits de
traitès moraux, le tout sous diffèrents titres et sans aucune liaison.
Le titre 53 du IIe livre De uberibus Sponsae attributis est un prècis du
dixième sermon de saint Bernard sur le Cantique des cantiques (saint
BERNARD, vol. I, 1287); le titre 107 De tribus osculis est tirè des
quatre-vingt-sept sermons du même Père De diversis (ID. ibid. 1239).
C'est encore dans le quinzième sermon de ce Père qu'on a puisè la fin du
titre 132 De triplici oleo. Au titre 58 du troisième livre on voit une
partie d'un sermon de Geofroi, quatrième abbè de Clairvaux, qui se
trouve parmi les oeuvres supposèes de saint Bernard, tom. II, p. 1309.
De là nous infèrons que cette compilation a ètè faite à peu près vers le
même temps que celle des Extraits, et qu'ètant d'un goût assez
ressemblant, elles ont le même auteur. Quoique nous ayons dètachè de
cette collection les pièces qui nous ont paru appartenir
incontestablement à Hugues, nous sommes portès à croire qu'elle en
contient beaucoup d'autres qu'il pourrait revendiquer, mais quel moyen
d'en faire le discernement? Nous devons toutefois en distraire encore
avec dom Brial trois lettres qu'on ne peut refuser à Hugues de
Saint-Victor (t. II, col. 1011). Les deux premières sont ècrites à un
nommè Ranulphe de Mauriac qu'il appelle son frère. L'une est une lettre
de compliments où il assure Ranulphe de son amitiè et lui demande la
continuation de la sienne. L'autre contient des rèponses à quatre
questions sur autant de passages de la sainte Écriture. La troisième est
plus importante. Vers l'an 1136, les Arabes ètablis en Espagne
exercèrent une violente persècution contre les chrètiens de la ville et
du district de Sèville soumis à leur domination. Jean, archevêque de
Sèville, au lieu d'encourager le peuple par son exemple et ses discours,
leva l'ètendard de l'apostasie et apprit dogmatiquement aux faibles à
l'imiter sans remords. Sa doctrine consistait à dire qu'on peut
abandonner extèrieurement la foi chrètienne, pourvu qu'on la conserve
dans le fond de son coeur. Hugues, envisageant les suites funestes d'une
erreur si dètestable enseignèe par un archevêque, ne put retenir son
zèle. Il ècrivit à ce prèlat une lettre savante et pathètique où il fait
voir dans quel prècipice il se jette lui et ses ouailles. Baronius fait
tant de cas de cette lettre qu'il la cite tout entière dans ses Annales.
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