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Dans le Commentaire sur les trois premiers chapitres des lamentations de
Jèrèmie (t. I, col. 255), Hugues annonce dès le dèbut qu'il exposera le
sens littèral, allègorique et anagogique; mais il oubliè souvent le
premier et s'attache presque exclusivement aux deux autres.
L'explication du prophète Joël (t. I, col. 321) est plus littèrale.
Hugues rèsume cet ouvrage en trois mots: Le prophète èpouvante, il
console, il instruit. Il èpouvante par la prèdiction des flèaux prêts à
fondre sur Jèrusalem; il console en annonçant leur fin; il instruit en
montrant dans un avenir plus lointain l'incarnation du Verbe. Les
Bènèdictins remarquent qu'il a recours aux traditions juives, qu'il cite
Hègèsippe, Boèce et Avicenne. Nous devons ajouter qu'il les cite sans
les nommer: il ne parle explicitement que de la tradition hèbraìque.
Les Bènèdictins, si sèvères dans la critique qu'ils font des oeuvres de
notre Victorin, trouvent que ses remarques sur Abdias (t. I, col. 371)
ne sont pas sans mèrite. Abdias avait prophètisè contre l'Idumèe. Cette
province sera pour Hugues la figure du monde selon le sens allègorique
et de la chair selon le sens anagogique. Il confond Abdias prophète avec
cet autre Abdias qui, sous le règne d'Achab, avait cachè et nourri cent
prophètes dans les cavernes. Il invoque le tèmoignage d'Hèrodote (t. I,
col. 390, lin. 1) et d'autres historiens grecs et latins qu'il ne cite
pas par leurs noms.
Ces trois derniers commentaires ne sont ni de simples recueils de notes
comme les premiers dont nous avons parlè, ni un discours suivi comme
l'explication de l'Ecclèsiaste. La forme scolastique y domine, et
l'interprè te procède souvent par divisions et par subdivisions.
Les opuscules que nous venons de parcourir appartiennent certainement à
notre Victorin; nul critique ne le conteste.
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