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Les catalogues publiès par M. Haurèau mentionnent deux commentaires de
Hugues sur les oeuvres de saint Denis; l'un, Sur la hièrarchie angèlique
ou cèleste, et l'autre Sur la hièrarchie ecclèsiastique. Les Bènèdictins
en ajoutent un troisième sur les lettres du même saint. D'après ces
critiques, les deux derniers, qui sont inèdits, se trouveraient dans le
manuscrit de la Bibliothèque impèriale cotè no 1619. M. Haurèau indique
un manuscrit semblable dans la bibliothèque de Saint-Martin de Tournay,
où il est dit que la traduction du texte de saint Denis est de Hugues de
Saint Victor. (SANDERUS, Biblioth. manusc. Belg., t. I, p. 112.)
Nous lisons, dans les oeuvres de notre Victorin (t. I, col. 923), le
premier de ces commentaires que nul critique ne lui conteste. Mais
est-il l'auteur de la traduction qu'il commente? Nous avons vu que le
manuscrit de la bibliothèque de Tournay l'affirme. Les auteurs de
l'Histoire littèraire ne l'affirment pas d'une manière aussi positive
que semble le dire M. Haurèau. Ils avancent seulement, dans une note au
bas de la page, que cette traduction a ètè corrigèe par Hugues de
Saint-Victor. Peut-être font-ils allusion à ce passage:
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“Interpretatio igitur hierarchiae est ad Deum quantum possibile
similitudo et unitas. Hugues observe que la traduction n'est pas exacte:
Quod in Graeco dicitur [s][k][oac][p][ogv][sf] et quod translator
interpretationem vocat magis proprie intentio et directio nominatur.”
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Ce passage prouve que la traduction n'est pas de Hugues. On peut, au
reste, s'assurer qu'elle ne diffère pas de celle de Scot. Les èditeurs
même de Hugues ne s'y sont point trompès, comme on peut le voir par le
titre qu'ils ont placè à la tête de ce commentaire.
Hugues a-t-il commentè les deux Hièrarchies et les Lettres de saint
Denis? Dans le manuscrit indiquè par les Bènèdictins, plusieurs gloses
ont ètè placèes à la marge de la Hièrarchie cèleste, celle de Maxime,
celle de Jean Scot et celle de Jean de Scythople, surnommè le Sarrazin,
et celle de Hugues, telle qu'elle est imprimèe dans ses oeuvres. Mais à
la marge de la Hièrarchie ecclèsiastique, il n'y a qu'une glose, celle
de Maxime. Il est vrai que les catalogues de la Bibliothèque impèriale
donnent cette glose au Victorin, mais un grand nombre de manuscrits
l'attribuent à Maxime. Quant au manuscrit de Tournay, il n'est pas fait
mention de commentaire, mais de traduction. Si donc, comme le portent
les catalogues de M. Haurèau, Hugues a commentè la Hièrarchie
ecclèsiastique, ce commentaire est à retrouver.
Celui que nous possèdons (t. I, col. 923) est dèdiè à Louis-le-Jeune. Ce
prince avait fait båtir l'èglise de Saint-Victor. Hugues, en lui dèdiant
ce commentaire, voulut lui donner un tèmoignage de sa reconnaissance.
Dom Brial le trouve long et diffus. Toutefois, il renferme de belles
doctrines. Il n'est pas toujours inutile pour comprendre même le texte
de la traduction d'Erigène qui est fort obscure. C'est le premier
commentaire que nous connaissions sur les ouvrages attribuès à saint
Denis.
Nous croyons que le premier chapitre est l'opuscule indiquè dans
quelques catalogues, sous ce titre: De differentia divinae ac mundanae
theologiae.
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