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Dom Brial fait un grand èloge de l'Explication de la Règle de saint
Augustin. (t. II, col. 881).
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“C'est, dit-il, un ouvrage ègalement digne de la piètè et des lumières
de Hugues. On y voit partout un maître intimement pènètrè des vèritès
qu'il enseigne. Ses raisonnements sont judicieux, solides et fondès sur
les grands principes de la religion.”
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Cependant un anonyme, au XVe siècle, entreprit de montrer que cet
ouvrage contenait quatorze erreurs. La censure très-succincte qu'il en
fit se trouve dans un manuscrit de la Bibliothèque impèriale qui ne
renferme que des ècrits concernant les usages et le gouvernement des
Dominicains, ce qui fait prèsumer que cet anonyme appartient à cet
ordre.
La grande valeur de cette censure est de prouver que l'ouvrage
appartient à Hugues de Saint-Victor. Ce tèmoignage est confirmè par
celui d'Albèric de Trois-Fontaines (ALBÉRIC Chron. p. 260) et des
annales de Saint-Victor. Ces annales manuscrites nous apprennent qu'on
le lisait à la collation. Il n'est pourtant pas indiquè dans les
catalogues de M. Haurèau.
Plusieurs manuscrits, dont le plus ancien remonte au XIIe siècle, les
tèmoignages de Henri de Gand (De script. Ecc. cap. 7 in appendice) et de
Trithème (pag. 363) ne permettent pas de douter que l'Institution des
novices (t. II, col. 925) n'appartienne à notre Victorin. Cet ouvrage
est divisè en vingt et un chapitres prècèdès d'un prologue où, supposant
la puretè des motifs qui ont dèterminè le novice à embrasser la vie
religieuse, il expose ainsi le plan de son traitè:
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“La voie que vous devez suivre est la science, la discipline et la
bontè. La science conduit à la discipline, la discipline à la bontè et
celle-ci à la bèatitude. Tel est le sujet dont je me propose de vous
entretenir avec la gråce du Seigneur, afin que vous puissiez marcher
sans crainte de vous ègarer dans la voie qui mène jusqu'à lui.”
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Il termine ainsi ce traitè:
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“Voilà ce que j'avais à vous dire, mes très-chers frères, de la science
et de la discipline. Pour vous, demandez à Dieu la bontè.”
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Les Bènèdictins regrettent qu'il n'ait pas traitè ce dernier point. Tel
qu'il est, ils l'estiment comme un ouvrage accompli dans son genre,
comme un manuel utile non-seulement aux personnes consacrèes à Dieu,
mais encore à toutes celles qui vivent en sociètè.
Il est intèressant par la règle qu'il prescrit sur la modestie et la
propretè dans les habits, la dècence dans le maintien, la retenue dans
les conversations, la tempèrance dans les repas, les tèmoignages
rèciproques d'estime et d'amitiè dans le commerce de la vie, le zèle
pour les observances, en un mot toutes les vertus sociales qui servent à
cimenter la paix et la concorde. L'ironie vient se placer comme
d'elle-même dans les descriptions qu'il fait de certains dèfauts
relatifs à son sujet. Nous en avons citè ailleurs quelques exemples.
Les catalogues de M. Haurèau mentionnent deux autres traitès analogues,
le premier intitulè: De la profession de moines, et le second, De la
discipline des moines. Faut-il croire que l'auteur de ces catalogues se
soit trompè et qu'il ait attribuè à Hugues un traitè qui porte le même
titre dans les oeuvres de saint Bernard? Faut-il le confondre avec
l'Institution des novices et dire que c'est le même ouvrage sous deux
titres diffèrents, ou bien que c'est un des ouvrages de Hugues, distinct
du premier, mais inconnu jusqu'ici? Nous n'avons pas de motifs
suffisants pour adopter une opinion. Quant au traitè de la Discipline
des moines, les Bènèdictins l'ont connu, ils disent qu'il fait partie du
manuscrit 199 de Saint-Victor, aujourd'hui 137. On le rencontre joint au
traitè de l'Institution des novices, dans un grand nombre de manuscrits.
Il forme en effet, dans les oeuvres de Hugues, les chapitres 10-21 du
même traitè.
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