II.---Editions de ses oeuvres.

I. Le recueil gènèral des oeuvres de Hugues de Saint-Victor a ètè mis jusqu'à six fois sous presse; d'abord en un vol. in-fol. imprimè à Paris, l'an 1518, par Andrè Boucard pour J. Petit, avec ce frontispice: M. Hugonis a S. Victore opera omnia, cum Vita ipsius antehac nusquam edita . Cette èdition ne comprend d'autres ècrits de notre auteur que ceux qui avaient dèjà ètè mis au jour sèparèment. La seconde est en trois volumes in-fol. publiès dans la même ville par les soins des chanoines de Saint-Victor , l'an 1526, chez Bade Ascensius et J. Petit. On voit à la tête de celle-ci une èpître dèdicatoire de Jean Bordier, abbè de Saint-Victor, à Jean Boudet, èvêque de Langres. Thomas Garzoni, chanoine règulier de la congrègation de Saint-Jean de Latran, prit soin de la troisième èdition qui parut à Venise chez Jean Somasque, l'an 1588, dans le même format et le même nombre de volumes que la prècèdente. On blåme avec raison cet èditeur de ce qu'animè d'un zèle malentendu pour l'honneur de son corps, il qualifie, sans ègard pour la vraisemblance, notre Victorin, chanoine règulier de Latran. La quatrième et la cinquième furent donnèes toutes deux l'an 1617, d'après celle de Venise, l'une à Mayence, chez Antoine Hièrat, et l'autre à Cologne . Enfin l'an 1648 les religieux de Saint-Victor reproduisirent à Rouen, chez Berthelin, la collection des ècrits de notre auteur, dans le même ordre que les èditeurs prècèdents avaient suivi. Si l'on demande de l'èrudition et de la critique dans une èdition, ce n'est dans aucune de celles-ci qu'on doit les chercher. Les ouvrages de Hugues vrais ou supposès y sont confondus et jetès comme au hasard. On n'y voit ni variantes, ni notes sur les endroits obscurs du texte, à l'exception de quelques remarques de Garzoni, qui pour l'ordinaire n'ont pas grande application à la difficultè qu'il s'agirait d'èclaircir. Ce qu'il y a de plus ètrange, c'est que la dernière èdition, qui devrait être la plus soignèe, du moins pour la partie typographique, se trouve la plus nègligèe à cet ègard.

II. Outre ces èditions gènèrales, divers traitès de notre auteur ont ètè plusieurs fois imprimès à part. Son Didascalion fut donnè pour la première fois au public en 1483 avec le Vocabulaire de Venceslas Brak .

III. Gessner parle d'une èdition qu'il ne dèsigne par aucun caractère, dans laquelle il avait vu le livre de la Trinitè (c'est le dernier du Didascalion), les Allègories sur l'Ancien et le Nouveau Testament, et les livres du Cloître de l'åme,

IV. Henri Etienne publia l'an 1506, à Paris, en un volume in-4o, sous la direction de Pierre La Porte, et non Josse Clictou, comme le dit Simler (Petro Porta ipsius recognitore sedulo), plusieurs opuscules attribuès dans les manuscrits à Hugues de Saint-Victor, savoir le livre de la Trinitè, le traitè de l'ètat religieux ou De l'institution des novices, les quatre livres du Cloître de l'åme, le fragment à la louange de la charitè, le Soliloque du gage de l'åme, l'opuscule sur la manière de prier, les diverses expositions de l'Oraison Dominicale, l'explication des cinq septènaires et des dons du Saint-Esprit. Ce n'est pas ici le lieu de faire remarquer au lecteur ce que cette collection renferme d'ètranger à notre auteur, ainsi que toutes celles qu'on passe en revue dans ce paragraphe. Le prècèdent a fait connaître les ècrits sincères de Hugues qui ont vu le jour, et le dernier marquera en dètail ceux qu'on lui a faussement attribuès.

V. Le même Henri Etienne, aidè pour cette fois de Clictou, mit au jour en 1517, dans un volume in-4o, la seconde partie des Allègories.

VI. Les Questions sur saint Paul sortirent des presses de Thierri Martin d'Alost, l'an 1517, à Louvain, par les soins de Nicolas de Boisleduc, en un volume in-4o qui renferme aussi les oeuvres de saint Pacien.

VII. L'exposition de la Règle de saint Augustin est celui des ouvrages de Hugues dont on a fait le plus grand nombre d'èditions. Elle fut tirèe de la poussière l'an 1513 , et publièe avec un commentaire de Humbert, gènèral des Dominicains . L'an 1561 nouvelle èdition à Venise en un volume in-4o . Une troisième fut donnèe à Dilingen, chez Meyer, in-8o, l'an 1581 . A Côme dans le Milanais , l'ouvrage reparut l'an 1605, dans le même format, chez Jèrôme Frouam. Cinquième èdition faite à Rome en 1625 . Enfin trois autres èditions sans date et sans nom de ville ni d'imprimeur; l'une in-8o, les deux autres in-12. Dans la première, l'ouvrage est seul avec ce titre: Expositio super Regulam sancti Augustini de charitate Dei et proximi. Dans la seconde, il est à la suite des Constitutions des Frères de la Charitè. Dans la dernière, qui est en caractères gothiques, il est prècèdè du traitè de Trithème, De proprietate monachorum. On a fait aussi l'honneur à cette exposition de la mettre en français; et cette traduction, faite par Fr. Charles de la Grange, parut à Paris l'an 1691, chez Guill. Desprès, en un volume in-12.

VIII. Nous ne connaissons qu'une èdition particulière de l'Institution des Novices . Elle est due aux soins de dom Guillaume Rapaille de Forès, religieux de l'abbaye de Saint-Vincent du Mans, qui fit imprimer cet ouvrage en 1515, à Paris, chez Bade Ascensius, sous ce titre: Speculum vitae monasticae. Le même volume renferme le Commentaire de Fernand, pareillement religieux de Saint-Vincent, sur la Règle de saint Benoît.

IX. Le traitè de la manière de prier fut livrè au public l'an 1521, par le même imprimeur, dans un volume in-8o, à la tète duquel est la Règle de Saint-Benoît, revue par saint Dunstan, et l'ouvrage attribuè à saint Bernard, De vita solitaria. A l'abbaye de la Couture du Mans, on voit un exemplaire de ces trois ouvrages entièrement conforme aux prècèdents, qui porte la date de l'an 1519. Est-ce une èdition diffèrente ou non?

X. L'opuscule, De triplici vitio, triplici peccato, et triplici remedio , qui est au titre 33 du IVe livre des Mèlanges, fut insèrè l'an 1648 à la fin du recueil en 3 volumes in-4o, imprimè chez Bernardin Masius, à Louvain, sous ce titre: Opusculorum insigniorum sancti Augustini et veterum ejus discipulorum adversus Pelagianos et eorum reliquias delectus.

XI. Le livre des Arrhes de l'åme a ètè traduit en français par un anonyme , et publiè à Paris, chez Simon Vostre, dans un recueil in-8o l'an 1507, sous ce titre: Le livre de l'arrhe de l'Epouse, compilè par maître Hugues de Saint-Victor.

XII. Le Miroir de l'Eglise parut à Rome l'an 1591 avec deux autres ècrits faussement attribuès à notre auteur, savoir, les trois livres des Sacrements et offices ecclèsiastiques, et le Canon mystici libaminis en un volume in fol. qui a pour titre: Scriptores de Ecclesiae Catholicae divinis Officiis. Melchior Hittorpius a de plus insèrè cet ouvrage dans son Auctarium ou Supplèment de la Bibliothèque des Pères, imprimè l'an 1610 à Paris.

XIII. Fabricius avance que les deux livres des Sacrements font partie d'un recueil in-folio publiè à Strasbourg l'an 1465, sans nous marquer le titre de ce recueil.

XIV. On conserve à la Chartreuse du Liger, en Touraine, un exemplaire d'une èdition en un volume in-4o de plusieurs ècrits de Hugues, datèe de Cologne, chez Gymnicus, l'an 1621; mais nous n'avons pu parvenir à savoir en dètail ce qu'elle contient.

XV. Le P. Vignier, de l'Oratoire, a publiè, dans la seconde partie de son Supplèment aux ouvrages de saint Augustin (p. 215), un traitè De septem vitiis, et de septem donis Spiritus sancti, dèjà insèrè l'an 1634, sous le nom de saint Augustin, par Guillaume Camerarius, dans un Recueil des monuments des saints Pères. Mais ce traitè n'est autre que celui des Sept demandes de l'Oraison Dominicale, qui se trouve dans les chipitres 3 et 19 du second livre des Allègories, et que nous en avons sèparè pour le donner à Hugues de Saint-Victor. Les derniers èditeurs de saint Augustin avaient dèjà fait cette critique avant nous; et persuadès que cet opuscule appartient à Hugues, ils s'ètaient contentès d'en mettre le commencement dans l'appendice de leur tome VI, avec les corrections que leur avaient fournies les manuscrits.

XVI Dans le même appendice on trouve l'opuscule de notre auteur, De substantia dilectionis, prècèdè d'un avertissement des èditeurs qui mèrite d'être lu.